L’Afrique perd des centaines de milliards de dollars du fait de l’exclusion : une nouvelle campagne exhorte les dirigeants à s’activer davantage
ADDIS-ABEBA, 3 décembre 2025 – L’exclusion des personnes en situation de handicap coûte chaque année aux économies africaines des centaines de milliards de dollars en perte de PIB. Ce chiffre est basé sur les estimations de l’Organisation internationale du travail, selon lesquelles les pays à faible et moyen revenu perdent entre 3 % et 7 % de leur PIB en raison de l’exclusion des personnes en situation de handicap du marché du travail.

Appliquée au PIB combiné de l’Afrique, qui s’élève à environ 3 400 milliards de dollars américains, cette estimation révèle une perte économique colossale.
C’est la dure réalité économique mise en évidence par « We Can Do More » [Nous pouvons faire plus, en français], une nouvelle campagne panafricaine lancée aujourd’hui à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées. Cette campagne est lancée par la Commission de l’Union africaine, le Forum africain des personnes handicapées et l’ONG Light for the World, avec l’appui du gouvernement allemand par l’intermédiaire de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH.
La campagne remet en question l’idée dépassée selon laquelle l’inclusion des personnes en situation de handicap relève de la charité. Elle présente au contraire des données convaincantes montrant que l’exclusion de plus de 80 millions d’Africains en situation de handicap freine l’innovation, la productivité et la croissance du marché sur tout le continent.
« Pendant trop longtemps, nous avons considéré les outils visant à améliorer l’accessibilité comme un coût de mise en conformité. Nous devons les considérer comme un moyen de rehausser le PIB », déclare Idriss Maïga Alzouma, président du Forum africain des personnes handicapées. « Lorsque nous empêchons 80 millions de personnes d’aller à l’école ou au travail, nous ne violons pas seulement leurs droits, nous sabotons notre propre développement. »
La campagne « We Can Do More » souligne que la conception universelle, qui consiste à rendre les infrastructures, les produits et les services accessibles à tous, est un catalyseur de la résilience économique. Qu’il s’agisse de fournir des services bancaires numériques accessibles ou des outils agricoles inclusifs, la suppression des obstacles permet à des millions de citoyens de devenir des contributeurs actifs plutôt que des bénéficiaires.
Un plan pour la croissance, plus qu’une promesse
La campagne met en avant le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique (le Protocole africain sur le handicap) comme le plan définitif pour donner libre cours à ce potentiel.
Contrairement aux cadres précédents qui proposaient des aspirations générales, le protocole prévoit des mandats spécifiques et juridiquement contraignants pour les États membres afin de supprimer les obstacles à l’emploi, à l’éducation et aux infrastructures.
« Ce protocole est une feuille de route pour une économie plus forte », déclare M. Alzouma. « En le ratifiant et en le mettant en œuvre, les États membres donnent libre cours à un segment de marché important, plus grand que la population de l’Afrique du Sud, et déclenchent une vague de diversité qui peut stimuler l’innovation. »

Des mesures concrètes s’imposent
La campagne exhorte les décideurs politiques, les chefs d’entreprise et la société civile à aller au-delà des discours et à prendre des mesures concrètes :
- Les décideurs doivent réviser les lois nationales afin de les aligner sur le protocole et faire respecter les normes universelles en matière de conception.
- Les entreprises doivent reconnaître les personnes en situation de handicap comme un vivier de talents et une base de consommateurs essentiels.
- Les citoyens doivent lutter contre la stigmatisation et exiger des communautés accessibles.
Rejoignez le mouvement
« L’Union africaine célèbre cette journée afin de souligner ses efforts continus pour traduire le Protocole africain sur le handicap en réalités pratiques et quotidiennes. En tant qu’instrument normatif historique, le Protocole joue un rôle central dans la promotion des droits, de la protection et de la dignité des personnes en situation de handicap. Son intégration effective dans les législations nationales des États membres incarne notre engagement continental en faveur de l’égalité et de l’inclusion », déclare la commissaire de l’Union africaine chargée de la santé, des affaires humanitaires et du développement social, S.E. l’ambassadrice Amma Twum-Amoah.
« Notre objectif principal reste sans équivoque : éliminer les obstacles physiques, sociaux, économiques, législatifs et comportementaux qui entravent la participation et limitent les opportunités. La suppression de ces obstacles constitue à la fois une priorité en matière de développement et une responsabilité fondamentale en matière de droits humains. Une société inclusive profite à tous ; lorsque tous les individus ont la possibilité de participer, de contribuer et de diriger, le progrès du continent s’accélère. »
La campagne « We Can Do More » invite tous les Africains à rejoindre le mouvement pour un continent inclusif et prospère.
Pour en savoir plus sur les arguments en faveur de l’inclusion et sur la manière de vous impliquer, rendez-vous sur wecandomoreafrica.org.
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À propos du Forum africain des personnes handicapées
Le Forum africain des personnes handicapées (ADF) est une organisation continentale regroupant des associations de personnes en situation de handicap en Afrique. Créé officiellement en 2014, l’ADF vise à renforcer et à unifier les voix représentatives des Africains en situation de handicap, de leurs familles et des associations qui les représentent.
Contact médias :
Shitaye Astawes
Responsable du département Plaidoyer et Communications, Forum africain des personnes handicapées
+251 93 496 6573