Secteur Bancaire : La BOAD change d’échelle avec le plan « Djoliba… La suite » et un bilan record de 5 363 milliards FCFA

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(Guinée Eco) – Réuni à Dakar les 25, 26 et 27 mars 2026, le Conseil d’Administration et le Conseil des Ministres de l’UMOA ont validé les comptes de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). Avec une croissance de 38% de son total bilan et le lancement d’un plan stratégique ambitieux de 6 500 milliards FCFA pour 2026-2030, l’institution dirigée par Serge Ekué confirme son rôle de moteur de la croissance régionale.

L’heure est à l’offensive pour la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). Au sortir d’une double session marathon à Dakar, l’institution boucle l’exercice 2025 sur des indicateurs au vert et projette déjà ses ambitions sur le prochain quinquennat.

Une santé financière solide

L’exercice clos au 31 décembre 2025 marque un tournant historique. Le total bilan de la Banque a bondi de 38%, s’établissant à 5 363 milliards de FCFA (contre 3 893 milliards en 2024). Le résultat net suit cette dynamique avec une progression de 8%, atteignant 42,476 milliards de FCFA.

Cette solidité repose sur des fonds propres robustes (1 780,5 milliards FCFA), permettant à la Banque de maintenir ses notations « Investment Grade » (Baa1 chez Moody’s et BBB chez Fitch). Pour les États membres, cette performance est le gage d’une capacité de financement accrue et de conditions d’emprunt avantageuses sur les marchés internationaux.

« Djoliba… La suite » : 6 500 milliards FCFA pour 2026-2030

Le clou de ces réunions a été l’approbation du nouveau plan stratégique quinquennal intitulé « Djoliba… La suite ». Après le succès du premier volet, la BOAD passe à la vitesse supérieure : l’objectif de financements est fixé à 6 500 milliards FCFA sur la période 2026-2030, soit presque le double du plan précédent.

Pour financer cette ambition, la Banque prévoit : la mobilisation de 2 650 milliards FCFA en emprunts ; un programme de titrisation de 1 100 milliards FCFA ; une mutation institutionnelle vers un « Groupe BOAD » incluant des entités spécialisées.

Focus sur les investissements : La sécurité alimentaire et l’énergie en priorité

Le Conseil a d’ores et déjà approuvé 17 nouvelles opérations pour un montant de 501,568 milliards FCFA. Parmi les projets phares impactant la sous-région, on note :

Intégration régionale : Le Projet Wassoulou (PDIW) en Côte d’Ivoire, qui favorisera les échanges transfrontaliers avec le Mali et la Guinée via la construction de deux barrages et l’irrigation de 800 hectares.

Souveraineté énergétique : Des investissements massifs dans le solaire au Burkina Faso (Koudougou) et au Sénégal (Linguère), ainsi que la construction d’un gazoduc de 85 km au Sénégal.

Soutien agricole : Plus de 75 milliards FCFA alloués aux filières coton au Mali et au Burkina Faso.

Infrastructures : Le financement d’un centre de maintenance aéronautique régional à Abidjan pour Air Côte d’Ivoire.

Une gouvernance durcie

Parallèlement à ces chiffres, la BOAD renforce son cadre éthique. Le Conseil a adopté un nouveau dispositif anti-corruption aligné sur la norme ISO 37001. La Banque affiche désormais une politique de « tolérance zéro » face aux pratiques répréhensibles, une exigence cruciale pour rassurer les partenaires au développement et les investisseurs privés.

Avec un cumul de financements atteignant 10 387,2 milliards FCFA depuis le début de ses activités en 1976, la BOAD s’impose plus que jamais comme l’institution pivot de l’intégration économique en Afrique de l’Ouest.

La Rédaction de Guinee-eco.com

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