Criminalité transnationale : la CEDEAO muscle son dispositif d’alerte précoce face au fléau de la drogue dans l’espace Mano River

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(Guinée Eco) – Freetown abrite depuis le 7 juillet 2026 un atelier régional crucial de la CEDEAO. Objectif : harmoniser les mécanismes de réponse face à l’explosion du trafic de stupéfiants — notamment des drogues de synthèse comme le « Kush » — qui asphyxie l’économie réelle et menace la sécurité humaine dans l’Union du Fleuve Mano (UFM).

La menace est transnationale, la réponse sera collective. Face à des réseaux criminels de plus en plus agiles qui déstabilisent le tissu social et économique de la sous-région, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) passe à l’offensive. À travers sa Direction de l’Alerte précoce, l’organisation intergouvernementale a ouvert, ce mardi 7 juillet 2026 à Freetown (Sierra Leone), un atelier régional de trois jours axé sur les réponses d’alerte précoce face aux flux illicites de drogues dans l’espace de l’Union du Fleuve Mano (UFM), qui regroupe la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia et la Côte d’Ivoire.

Un front commun contre une économie souterraine dévastatrice

Ce rendez-vous de haut niveau rassemble un large écosystème d’acteurs : responsables gouvernementaux, directeurs des Centres nationaux de coordination des mécanismes de réponse (CNCMR), experts de la santé publique, forces de sécurité, universitaires, ainsi que des institutions internationales de premier plan telles que le GIABA (lutte contre le blanchiment d’argent), l’UNOWAS, le PNUD ou l’OIM.

L’enjeu est de taille : il s’agit de bâtir une architecture de sécurité intégrée, d’accélérer le partage transfrontalier de renseignements et de concevoir des politiques publiques capables de couper les circuits financiers de la drogue tout en protégeant le capital humain de la région.

Pour l’Ambassadeur John Azumah, Représentant résident de la CEDEAO en Sierra Leone, cet atelier s’inscrit en ligne droite de la « Vision 2050 » de l’institution. Représentant le Président de la Commission, il a rappelé que la diplomatie préventive et l’alerte précoce restent les piliers indispensables pour garantir la paix, préalable non négociable à tout développement économique durable.

Le « Kush », ce fléau qui cible la jeunesse et l’avenir régional

La situation est d’autant plus urgente que la nature des flux a changé. Dr Onyinye Onwuka, Directrice par intérim de l’Alerte précoce à la CEDEAO, a tiré la sonnette d’alarme sur l’évolution rapide de cette criminalité. Au-delà des drogues traditionnelles, la prolifération des substances de synthèse, au premier rang desquelles le Kush — qui fait des ravages massifs en Sierra Leone et dans les pays limitrophes —, fragilise gravement la jeunesse, la gouvernance et la stabilité des communautés. Selon elle, la riposte doit désormais passer par une analyse prospective des risques et des interventions préventives ultra-rapides.

De son côté, Mme Francess A. M. Nyuma, Directrice exécutive du mécanisme national d’alerte précoce de Sierra Leone, a insisté sur l’impératif d’associer étroitement les services de santé publique, les forces de l’ordre et les communautés de base pour opposer une résistance durable à cette criminalité organisée. Une vision partagée par le Secrétariat de l’Union du Fleuve Mano et le réseau WANEP, qui ont réaffirmé leur soutien technique à cette initiative.

Trois jours pour accoucher d’une feuille de route opérationnelle

Pendant trois jours, les experts vont disséquer les nouvelles routes et tendances du trafic, fluidifier l’échange de données entre les différents centres nationaux et formuler des recommandations stratégiques.

Pour les pays de l’Union du Fleuve Mano, souvent confrontés à des défis de porosité des frontières et de vulnérabilité économique, l’issue de cet atelier de Freetown devrait poser les jalons d’une protection renforcée de leurs marchés économiques, de leurs systèmes de santé et de leur sécurité collective.

La Rédaction de Guinée Eco

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