(Guinée Eco) – Ancien président du Conseil National de la Transition (CNT), le Dr Dansa Kourouma vient d’être porté, ce vendredi 17 juillet 2026, à la tête de la nouvelle Assemblée nationale guinéenne à l’occasion de la session inaugurale de la première législature de la Ve République. Un couronnement politique pour ce médecin de formation, figure incontournable de la société civile, qui doit désormais piloter le chantier législatif du renouveau économique de la Guinée.
Un parcours ancré dans le leadership citoyen
Rien ne prédestinait initialement ce médecin-légiste et expert en santé publique à devenir le pivot du pouvoir législatif guinéen. Pourtant, le Dr Dansa Kourouma a très tôt troqué la blouse blanche pour le costume de l’acteur public. En s’imposant pendant des années comme une figure de proue de la société civile – notamment à la tête du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) –, il s’est forgé une réputation de fin négociateur et de connaisseur des arcanes socio-politiques du pays.
Sa nomination en 2022 à la présidence du CNT (l’organe législatif de la transition) aura été le véritable tremplin vers les sommets de l’État. Durant cette période charnière, il a conduit l’élaboration de la nouvelle Constitution et mené de vastes consultations nationales, affirmant son style : rigoureux, omniprésent et profondément politique.
Du CNT au Perchoir : la consécration
Son élection à la présidence de l’Assemblée nationale n’est donc que la suite logique d’une transition qu’il a largement contribué à façonner. En s’installant au perchoir, Dr Dansa Kourouma passe du statut de législateur d’exception à celui de garant des institutions républicaines.
Reconnu pour son éloquence et sa maîtrise des dossiers institutionnels, il devra faire preuve d’un sens aigu du consensus pour manager une assemblée plurielle, face à des attentes citoyennes de plus en plus pressantes.
Les grands chantiers économiques qui l’attendent
Pour les observateurs et les acteurs du monde des affaires, l’arrivée du Dr Dansa Kourouma à la tête du parlement soulève des enjeux économiques majeurs. L’Assemblée nationale n’est pas seulement le temple des lois politiques ; elle est le cœur financier du pays à travers le vote du budget de l’État.
Trois priorités économiques vont guider son mandat :
La gouvernance des ressources naturelles : À l’heure où le mégaprojet Simandou entre dans sa phase opérationnelle et que le secteur minier reste le poumon de notre économie, le parlement aura la lourde tâche de ratifier les accords stratégiques et de veiller au respect du contenu local.
Le climat des affaires et l’investissement : Pour diversifier l’économie guinéenne (agriculture, infrastructures, numérique), la nouvelle législature devra voter des lois attractives pour les investisseurs tout en protégeant les intérêts nationaux.
Le contrôle de l’action publique : Plus que par le passé, la rigueur budgétaire et la lutte contre la corruption seront scrutées. Le Dr Kourouma, fort de son passé d’activiste anti-corruption, est attendu au tournant sur l’efficacité du contrôle parlementaire.
L’homme face à son destin
À la fois respecté pour sa force de travail et scruté par ses détracteurs qui surveillent sa gestion du pouvoir, le Dr Dansa Kourouma sait que sa marge d’erreur est mince. Il n’est plus l’observateur critique de la société civile, mais l’un des principaux architectes de la Guinée de demain.
Alors que le pays amorce une phase cruciale de sa stabilisation macroéconomique et de son développement institutionnel, le nouveau Président de l’Assemblée nationale a toutes les cartes en main pour marquer l’histoire. Reste à transformer l’essai législatif en opportunités concrètes pour le quotidien des Guinéens.
La Rédaction de Guinée Eco