Guinée : vers une croissance à deux chiffres portée par le Projet Simandou à l’horizon 2028 (Par Abdoul Aziz Diallo)

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(Guinée Eco) -Portée par la montée en puissance du mégaprojet minier de Simandou et la mise en œuvre du Programme « Simandou 2040 », l’économie guinéenne s’apprête à franchir un cap historique. Selon les nouvelles projections macroéconomiques, le PIB réel devrait frôler les 10 % d’ici 2027, tiré par un secteur secondaire en pleine expansion et des réformes structurelles ambitieuses. La rédaction de votre journal économique en ligne vous propose ci-dessous une analyse détaillée des perspectives économiques de la Guinée pour la période 2026-2028. Par Abdoul Aziz Diallo, économiste spécialisé en analyse macroéconomique.

Perspectives macroéconomiques de 2026 à 2028.

Indicateurs macroéconomiques.

L’économie guinéenne devrait atteindre une croissance à deux chiffres à moyen terme, grâce au démarrage des activités d’exploitation du minerai de fer de Simandou.

L’économie guinéenne devrait maintenir une trajectoire de croissance soutenue sur la période 2026-2028, avec un taux de croissance du PIB réel qui s’établirait à 8,6 % en 2026, 10,2 % en 2027 et 9,5 % en 2028. Cette performance serait principalement portée par le dynamisme des secteurs productifs, en particulier les activités minières et les investissements associés.

Le secteur secondaire demeurerait le principal moteur de l’activité économique, grâce à la forte expansion des industries extractives, soutenue par la montée en puissance du mégaprojet Simandou et le développement des infrastructures connexes. De son côté, le secteur primaire continuerait de bénéficier des efforts de modernisation de l’agriculture, de l’amélioration des rendements et du développement des filières rurales.

Le secteur tertiaire enregistrerait également une progression favorable, soutenue par le renforcement des échanges commerciaux, l’expansion des services de transport et de télécommunications ainsi que les effets d’entraînement générés par les investissements publics et privés.

Cette dynamique de croissance s’inscrirait dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Simandou 2040, qui constitue désormais le principal référentiel de développement économique et social à moyen et long termes du pays. Ce programme est appelé à prendre progressivement le relais du Programme de Référence Intérimaire (PRI) et à soutenir la transformation structurelle de l’économie guinéenne à travers l’accélération des investissements, la diversification de la base productive et la création d’emplois durables.

L’évolution de l’économie guinéenne en 2026-2028 selon l’optique de l’offre se présenterait comme suit :

Le secteur primaire devrait enregistrer une croissance de 7,5 % en 2026, avant de s’accélérer à 9,3 % en 2027, puis de se modérer à 8,2 % en 2028. Cette performance serait principalement portée par les activités agricoles, dont la croissance passerait de 8,1 % en 2026 à 10,3 % en 2028. Cette dynamique s’expliquerait par l’amélioration des rendements agricoles, la poursuite des investissements dans les infrastructures rurales ainsi que le renforcement des programmes d’appui aux producteurs. Ces programmes comprennent notamment la formation des conseillers agricoles et des agents communautaires dans les différentes régions du pays, ainsi que des formations pratiques sur l’utilisation des drones à des fins agricoles.

Source : DNP.

Le secteur secondaire devrait enregistrer la croissance la plus dynamique de l’économie, avec une progression de 14,4 % en 2026, 16,0 % en 2027 et 19,0 % en 2028. Cette forte expansion serait principalement portée par les activités extractives, dont la croissance atteindrait 18,4 % en 2026, puis 20,9 % en 2027 et 24,6 % en 2028. Cette dynamique serait soutenue par l’augmentation de la production minière, notamment de bauxite et d’or, la mise en exploitation des nouveaux gisements de fer du mégaprojet Simandou, ainsi que la poursuite des investissements dans les infrastructures minières et logistiques associées.

Le secteur tertiaire devrait enregistrer une croissance modérée, mais en amélioration, passant de 5,1 % en 2026 à 6,5 % en 2027, avant de s’établir à 5,8 % en 2028. Cette évolution serait principalement portée par les activités commerciales, dont la croissance atteindrait 8,2 % en 2026 puis 10,0 % en 2027, sous l’effet de la progression de la demande intérieure, de l’intensification des échanges commerciaux et du renforcement des circuits de distribution. Le secteur bénéficierait également des retombées positives du dynamisme des activités minières et des investissements associés, qui soutiendraient la demande de services de transport, de télécommunications et de services aux entreprises.

Du côté de la demande, l’économie guinéenne devrait être portée en 2026 et 2028 par le dynamisme de l’investissement et des échanges extérieurs.

  • Les exportations de biens et services devraient afficher une croissance soutenue, passant de 10,7 % en 2025 à 16,9 % en 2026. Cette accélération serait principalement liée à l’augmentation des capacités de production et d’exportation du secteur minier, notamment grâce à la montée en puissance des grands projets extractifs. L’amélioration des infrastructures logistiques et de transport contribuerait également à renforcer la compétitivité des exportations guinéennes sur les marchés internationaux.
  • Parallèlement, les importations devraient progresser fortement de 24,0 % en 2025, avant de ralentir à 9,5 % en 2026. Cette évolution s’expliquerait principalement par les besoins élevés en équipements, matériaux de construction et intrants nécessaires à la réalisation des grands projets
  • L’évolution du taux d’inflation en glissement annuel, qui passerait de 5,2 % en 2026 à 4,3 % en 2027, puis à 3,8 % en 2028, traduit une détente progressive des pressions inflationnistes après leur niveau relativement élevé observé en 2026. Cette dynamique s’expliquerait notamment par une meilleure maîtrise des prix intérieurs, malgré le maintien d’une forte activité économique. Toutefois, l’évolution des prix internationaux des produits alimentaires, des hydrocarbures et des biens intermédiaires importés demeurerait un facteur de risque susceptible d’influencer la trajectoire de l’inflation au cours de la période considérée.
  • Perspectives du secteur fiscal.

Les projections tablent sur une croissance annuelle moyenne de 35 % des recettes publiques, dons compris, entre 2026 et 2028. En conséquence, le ratio des recettes publiques au PIB devrait s’améliorer, passant de 12,9 % en 2026 à 13,4 % en 2028. La croissance projetée des recettes publiques repose sur l’amélioration de la performance des administrations fiscale et douanière, l’élargissement de l’assiette taxable, le dynamisme de l’activité économique, en particulier dans le secteur minier, ainsi que sur la hausse attendue des dons et appuis extérieurs.

Les dépenses totales devraient croître en moyenne de 37,5 % par an entre 2026 et 2028, passant de 63,897 milliards à 87,967 milliards. Cette évolution s’expliquerait principalement par l’augmentation des dépenses d’investissement destinées au financement des infrastructures économiques et sociales, le renforcement des dépenses de fonctionnement liées à l’amélioration des services publics, ainsi que par les besoins de financement des réformes et programmes prioritaires du gouvernement (Simandou 2040).

  • Perspectives sur la viabilité de la dette publique.

Le Gouvernement guinéen s’est engagé à maintenir un niveau d’endettement soutenable, conformément aux orientations définies dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT).

À cet effet, une progression modérée du ratio de l’encours de la dette publique rapporté au PIB est projetée sur la période considérée. Les prévisions indiquent que ce ratio passerait de 32,5 % du PIB en 2026 à 37,2 % en 2027, avant d’atteindre 43,1 % en 2028. Cette évolution reflète les besoins de financement des investissements publics et des projets structurants soutenant la croissance économique.

Malgré cette hausse, le niveau d’endettement demeurerait soutenable, le ratio dette/PIB restant largement inférieur au seuil communautaire de 70 % fixé pour les États membres de la CEDEAO. Cette situation témoigne de la volonté des autorités de concilier les besoins de financement du développement avec la préservation de la viabilité de la dette publique.


[1] @Abdoul Aziz DIALLO, ÉCONOMISTE SPÉCIALISÉ EN ANALYSE MACROÉCONOMIQUE, ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ET ÉVALUATION D’IMPACT DES PROJETS DE DÉVELOPPEMENT.

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