Sécurité alimentaire mondiale : les banques multilatérales se mobilisent pour sécuriser l’approvisionnement en engrais

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(Guinée Eco) – Face à l’urgence climatique et aux chocs économiques à répétition qui menacent la sécurité alimentaire mondiale, les principales banques multilatérales de développement (BMD) et institutions financières internationales (IFI) franchissent un cap décisif. Dans une déclaration commune, ces institutions s’engagent à élaborer une feuille de route coordonnée pour renforcer durablement les chaînes d’approvisionnement en engrais et protéger les populations les plus vulnérables.

La sécurité alimentaire demeure l’un des défis de développement les plus cruciaux et urgents à l’échelle planétaire. Les récentes crises mondiales ont mis à nu les vulnérabilités structurelles de la chaîne d’approvisionnement des engrais, frappant de plein fouet les petites exploitations agricoles et les ménages à faibles revenus, particulièrement en Afrique et dans les pays en développement.

Une action collective ancrée dans les dynamiques mondiales

Face à ce constat alarmant, l’initiative s’inscrit dans le prolongement direct des mesures d’urgence adoptées lors de la crise alimentaire de 2022, où le Plan d’action des IFI avait permis de consolider le soutien au commerce alimentaire, à la protection sociale et aux systèmes agricoles résilients.

Cette dynamique trouve un écho favorable dans les récents travaux du G20 sur la résilience des chaînes de valeur alimentaires, ainsi que dans le projet de plan d’action du G7+ ciblant les chocs sur les engrais. L’objectif partagé est désormais d’accélérer la transition d’une réponse d’urgence vers une transformation structurelle et à long terme des systèmes alimentaires.

Une ambition à cinq piliers majeurs

Pour concrétiser leur engagement, les institutions signataires entendent aligner leurs financements, travaux d’analyse, dialogues politiques et assistance technique autour d’une feuille de route structurée sur cinq axes stratégiques :

  1. Renforcement des infrastructures : Accroître les financements à chaque étape stratégique de la chaîne d’approvisionnement (production, transformation, mélange, stockage, transport), tout en améliorant la surveillance des marchés et l’accès rapide aux produits.
  2. Utilisation efficace et précise des nutriments : Promouvoir la santé des sols grâce aux analyses ciblées, à l’agriculture numérique, à la recherche innovante et au renforcement des services de conseil agricole.
  3. Résilience des systèmes alimentaires : Soutenir une meilleure gestion de l’eau et des sols, la promotion de solutions fondées sur la nature et la mobilisation accrue des investissements privés.
  4. Soutien ciblé aux petits exploitants : Protéger la sécurité alimentaire des ménages vulnérables en garantissant aux petits agriculteurs et PME agroalimentaires un accès prioritaire et équitable aux financements, à la logistique et aux engrais.
  5. Coopération interinstitutionnelle renforcée : Partager les données probantes et intensifier le dialogue politique entre gouvernements, chercheurs, secteur privé et société civile.

Un signal fort pour l’agriculture africaine

L’engagement direct du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) aux côtés du Groupe de la Banque mondiale témoigne de l’importance capitale de cette alliance pour le continent africain, où la gestion de la fertilité des sols et l’accès physique et financier aux engrais demeurent des prérequis indispensables pour garantir la souveraineté alimentaire.

Institutions signataires de la déclaration commune :

  • Groupe de la Banque africaine de développement (BAD)
  • Banque asiatique de développement (ADB – Présidente du Groupe des dirigeants des BMD)
  • Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD)
  • Groupe de la Banque interaméricaine de développement (BID)
  • Fonds international de développement agricole (FIDA)
  • Groupe de la Banque mondiale (BM)

La Rédaction de Guinée Eco

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