(Guinée Eco) – Alors que la Banque africaine de développement élira cette semaine son nouveau président pour cinq ans, le président sortant Akinwumi Adesina, qui vient de passer 10 ans à la tête de cette institution financière panafricaine est fier de son bilan et donne de précieux conseils à son futur successeur.

« Je suis fier de laisser une institution robuste, capable de naviguer même en pleine tempête », a déclaré le Président de la BAD au cours d’un déjeuner de presse organisé ce lundi 26 mai 2026 en prélude à l’ouverture officielle, demain mardi, des assemblées annuelles qui se tiennent cette semaine dans la capitale ivoirienne.
S’appuyant sur des chiffres enregistrés sous son magistère, Adesina a loué le dynamisme de son équipe pour le travail acharné au quotidien qui a permis à la Banque africaine de développement de financer des projets ayant eu un impact positif sur la vie de millions d’Africains. Il a notamment souligné les acquis en matière d’accès à l’électricité, à l’eau potable, à des infrastructures de qualité et à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans plus pays africains. 
Tout en insistant sur la nécessité pour la Banque de continuer la mise en œuvre des Hi 5, Adesina a exhorté les journalistes africains à amplifier « la voix de l’Afrique » en racontant des « histoires vitales » et inspirantes. Il leur a demandé de participer pleinement aux assemblées annuelles qui mobilisent plus de 5000 participants, notamment des décideurs institutionnels, des experts, des acteurs de la société civile. « Je souhaite que l’Afrique ait des agences de presse respectées mondialement », a-t-il souhaité, avant de plaider pour un accompagnement de son institution à la presse, à travers des bourses dédiées au développement des médias du continent.
Des conseils à son futur successeur
Bien qu’il ait promis de lui transmettre une note technique, Akinwumi répondant à la question d’un journaliste, a conseillé à son futur successeur d’être capable de travailler avec divers partenaires étrangers, d’être proche des populations et de continuer à faire de la Banque une institution de rang mondial. Cela, affirme-t-il, nécessite de l’énergie, de la passion et un dévouement sans faille pour porter l’espoir et les attentes d’un avenir meilleur pour les Africains. Comme lui, il souhaite que le futur président de la BAD ne soit pas un suiviste, mais quelqu’un capable de prendre les devants pour défendre les intérêts de l’Afrique en tout lieu et en toute circonstance. Cela demande à ses yeux une immense responsabilité, surtout que lui il « ne croit pas aux plaintes ». Il estime qu’il faut toujours trouver des solutions aux problèmes qui se posent.

Des satisfactions et…des regrets
S’il y a des choses dont Adesina se félicite tant depuis qu’il a été porté à la tête de la BAD en 2015, c’est le fait d’avoir démontré à la face du monde la capacité de cette institution à mobiliser des ressources de financement. Selon lui, celles-ci sont passées de 93 milliards à 325 milliards de dollars américains en quelques années. Aussi, il affirme avoir aidé à changer positivement l’image et à défendre l’intérêt de l’Afrique chaque fois qu’il en a eu l’occasion. Une de ses prouesses aura été, dit-il, de ramener la production du Rapport sur les Perspectives économiques africaines au sein de la Banque, alors qu’il était antérieurement fait à l’étranger au compte de l’institution. « Désormais, la BAD est capable de produire ses données et de les analyser », assure Adesina, qui estime que l’Afrique a des grands économistes capables de faire un travail scientifique rigoureux.
Après la BAD, celui qui a été par ailleurs ministre de l’Agriculture au Nigeria compte renouer avec une vie de famille, mais s’engage également à dédier son temps libre et ses connaissances à travailler pour et en faveur l’Afrique.
Bachir Sylla pour www.guinee-eco.com , depuis Abidjan