Climat et investissements : La CEDEAO accélère la création d’une plateforme régionale du marché du carbone

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(Guinée Eco) – Face à la vulnérabilité accrue de l’Afrique de l’Ouest vis-à-vis des dérèglements climatiques et au besoin urgent de financements durables, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) passe à la vitesse supérieure. Du 13 au 15 août 2026, la capitale fédérale du Nigéria accueille un atelier stratégique de validation de trois jours destiné à finaliser le cadre opérationnel d’une plateforme régionale du marché du carbone.

L’événement réunit des délégués des États membres, des experts techniques, des représentants d’institutions internationales et des partenaires au développement autour d’un objectif commun : doter l’espace communautaire d’un mécanisme crédible, transparent et harmonisé pour capter les financements climatiques mondiaux.

Un besoin de 294 milliards de dollars à combler

À l’ouverture des travaux, le Directeur de l’environnement et des ressources naturelles de la CEDEAO, M. Christophe Deguenon, a rappelé l’ampleur du défi financier. Selon la Stratégie régionale d’accès au financement climatique adoptée en 2022, les besoins de la région s’élèvent à au moins 294 milliards de dollars américains — un montant appelé à croître au rythme de l’actualisation des contributions déterminées au niveau national (CDN).

Pour combler ce déficit, M. Deguenon a pointé l’opportunité majeure que représentent la mise en œuvre de l’article 6 de l’Accord de Paris et la valorisation du vaste capital naturel de l’Afrique de l’Ouest. « Depuis 2024, la CEDEAO œuvre à la mise en place d’un cadre harmonisé fondé sur l’intégrité environnementale, la transparence et une gouvernance inclusive. Cet atelier constitue une étape cruciale pour bâtir un mécanisme capable de rassurer les investisseurs, de mutualiser nos expertises et de réduire les coûts de transaction pour l’ensemble de nos États », a-t-il déclaré.

Complémentarité avec les initiatives nationales

Accueillant les participants, la Dre Iniobong Abiola-Awe, Directrice du Département du changement climatique au Ministère fédéral de l’Environnement du Nigéria, a qualifié la démarche d’opportunité stratégique pour la création d’emplois verts, l’incitation à la réduction des émissions et l’attraction du capital privé.

Saluant la cohérence entre cette initiative régionale et les démarches nationales — à l’image du cadre et du registre carbone en cours de déploiement au Nigéria —, elle a réaffirmé l’engagement d’Abuja à coopérer étroitement avec les instances communautaires.

Vers une feuille de route opérationnelle

Les travaux techniques s’articulent autour de l’alignement du dispositif avec la Stratégie climatique régionale de la CEDEAO et les exigences de l’Accord de Paris. Les experts examinent notamment : l’architecture technique et le périmètre de la plateforme ; le fonctionnement du registre régional du carbone et les mécanismes d’échange et de suivi des transactions.

Au-delà de la validation du cadre, cet atelier débouchera sur une feuille de route régionale formalisant le calendrier de déploiement progressive, ainsi que la répartition des rôles entre les acteurs nationaux et communautaires.

En s’alignant sur sa Vision 2050 et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, la CEDEAO entend ainsi offrir à ses 15 États membres — dont la Guinée — un levier souverain et attrayant pour transformer leurs atouts environnementaux en opportunités de développement économique durable.

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