CANEX WKND 2026 à Lagos : l’Afrique veut structurer son économie créative pour capter une valeur estimée à 60 milliards de dollars

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(Guinée Eco) – Réunis à Lagos pour l’ouverture du Creative Africa Nexus (CANEX) WKND 2026, dirigeants politiques, investisseurs et acteurs culturels africains ont appelé à dépasser la simple célébration du rayonnement artistique du continent. L’objectif est désormais clair : mobiliser des financements massifs, protéger la propriété intellectuelle et maîtriser la chaîne de valeur pour bâtir un véritable écosystème commercial compétitif.

La transformation des talents culturels africains en leviers d’enrichissement durable franchit un nouveau cap. Le rassemblement annuel du Creative Africa Nexus (CANEX) WKND s’est ouvert à Lagos (Nigéria) sous le signe de la structuration économique et de la conquête des marchés.

Ouvrant les travaux au nom du président Bola Ahmed Tinubu, le vice-président nigérian Kashim Shettima a résumé l’enjeu stratégique de cette édition : « En 1977, nous étions venus célébrer notre culture. En 2026, nous sommes ici pour en tirer pleinement parti. Nous voulons transformer les applaudissements du monde en contrats, son admiration en débouchés commerciaux et le talent de notre jeunesse en une richesse durable. »

Kashim Shettima a également insisté sur la nécessité de lever les barrières douanières et réglementaires qui freinent encore les créateurs africains au sein du continent.

 Un potentiel de 60 milliards de dollars à concrétiser

Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), l’économie créative africaine est évaluée à près de 60 milliards de dollars US, ce qui ne représente encore que 2 % de l’industrie créative mondiale. Pour combler ce retard, la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) s’est engagée à mobiliser 2 milliards de dollars US d’ici à 2027 en soutien aux industries culturelles et créatives.

Toutefois, injecter du capital dans la création brute ne suffira pas sans une réorganisation complète du secteur. Dr George Elombi, président du Conseil d’administration d’Afreximbank, alerte sur l’urgence de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur : « Nous pouvons consacrer ces mécanismes de financement à la production musicale et cinématographique. Pourtant, la valeur que nous en tirerons restera faible. Nous devons donc nous attacher à développer un véritable écosystème créatif. »

Dr Elombi pointe notamment du doigt les maillons critiques que sont la distribution, la valorisation des marques, les plateformes de commercialisation et la détention des droits de propriété intellectuelle.

Le Nigéria en pionnier des réformes structurelles

Dans cette course à l’attractivité, le Nigéria déploie un arsenal réglementaire et financier incitatif. Le pays a validé en 2025 sa première Politique et stratégie nationales en matière de propriété intellectuelle, suivie en janvier 2026 du lancement du Creative Sector Investment Playbook orienté vers les infrastructures de production (studios, distribution, technologies).

Sur le plan commercial, plus de 500 millions de dollars de transactions directes sont actuellement négociées à Lagos entre entrepreneurs et investisseurs au sein de la CANEX Deal Room, a révélé Dr Jumoke Oduwole, ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement.

En parallèle, le Nigéria, le Kenya et l’Afrique du Sud mènent les discussions pour l’adoption du Protocole de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) sur le commerce numérique, un outil crucial pour sécuriser les flux culturels dématérialisés d’un bout à l’autre du continent.

Une plateforme multisectorielle pour le continent

Rassemblant plus de 15 000 délégués, l’événement propose des parcours spécialisés :

Finance & Négociation : CANEX Deal Room, Creative Economy Finance Summit.

Accompagnement & Création : African Producer Accelerator, CANEX Music Factory, CANEX Book Factory, CANEX CreaThon.

Filières sectorielles : Cinéma, télévision, musique, mode, sport, édition, arts visuels, gastronomie et technologies créatives.

Pour les pays émergents dans ce secteur comme la Guinée, ces dynamiques ouvrent des perspectives concrètes pour l’exportation de la création locale et l’accès aux financements panindustriels.

Par la rédaction de Guinée Éco

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