Pratiques médicales et paramédicales illégales en Guinée : la lutte continue sans désemparer

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(Guinée Eco)- Les membres du Comité technique national de lutte contre les pratiques médicales et paramédicales illégales étaient ce samedi 1er mars 2025 devant la presse pour rappeler ses missions et ses acquis et dévoiler ses perspectives dans un futur proche. La rencontre a eu lieu à la Cellule de communication du gouvernement, sise à la Villa 6 de la Cité des nations, dans la commune de Kaloum, à Conakry.

Avant de se prêter aux questions des journalistes, le Président du Comité, Capitaine Aly Badara Camara, entouré de Dr Mamady Diabaté, Directeur national de la Pharmacie et du Médicament et de Dr Fallaye Condé, Directeur national des établissements hospitaliers publics et privés, respectivement  rapporteur principal et  président de la sous-commission des investigations administratives du Comité technique national, a fait un exposé liminaire sur les actions menées dans le cadre de la lutte contre les pratiques médicales et paramédicales en Guinée depuis l’avènement du CNRD au pouvoir en 2021.

« Le secteur de la santé a bénéficié d’une attention très particulière de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, à travers ses différents chefs de gouvernement depuis le début. Et actuellement, à travers le Premier ministre, Chef du gouvernement, M. Amadou Oury Bah et le Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr Oumar Diouhé Bah, qui est un artisan d’ailleurs de cette refondation dans le secteur de la santé avant même qu’il le soit nommé ministre », fait remarquer Capitaine Camara, par ailleurs Inspecteur Général du Ministère de la Santé.

Il relève que les premières actions ont concerné les médicaments qui ont été saisis par la volonté politique au niveau du port autonome de Conakry. Selon lui, les médicaments importés illégalement ont fait l’objet d’analyses approfondies qui ont prouvé que la quasi-totalité était des faux. Cette première saisie a été suivie d’une vaste opération de démantèlement de boutiques de vente illicite de médicaments au grand marché de Madina où les médicaments se vendaient comme des cacahuètes sur ses secteurs entiers. Les stocks ainsi saisis ont fait l’objet d’incinération progressive à Kouria et à Tabily, dans la préfecture de Coyah.

Outre le secteur du médicament, le président du Comité technique national a évoqué également la lutte en cours contre les cliniques privées illégales ou non conformes. Dans ce cadre, il révèle qu’une mission déclenchée entre décembre 2024 et février 2025 suite à une réquisition de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a permis de  contrôler 130 structures de santé du Grand Conakry, dont 66 se sont révélées non conformes. Parmi ces entités non conformes, trois seraient dans l’illégalité totale ; ce qui les expose à des poursuites judiciaires.

Le capitaine Aly Badara Camara a rassuré que la fermeture de cliniques non conformes vise à les obliger à normaliser leurs pratiques. Elle ne constitue nullement, dit-il, une action orientée contre des personnes ou de groupes spécifiques. Mais des actions harmonisées et générales. Pour lui, il a fallu de la volonté politique pour poser des actes de cette nature, car ils se heurtent à beaucoup d’intérêts. « Lorsque l’État n’est pas aligné, lorsque les autorités à tous les niveaux ne sont pas dans l’esprit de la lutte, vous ne pouvez pas avancer », estime le président du comité.

« Les perspectives du comité, c’est d’aller vers les régions et les préfectures, préparer le déploiement de cette mission à ce niveau. Mais prendre toutes les dispositions pour éviter qu’il y ait des écarts et des abus dans l’exécution de la mission », annonce le Président du Comité, qui indique que des actions comme la lutte contre cette vente ambulatoire de produits pharmaceutiques, comme l’identification, l’inventaire et puis le ramassage pour l’incinération de tous les produits médicaux ou des produits de santé qui ont été saisis par les unités de police de gendarmerie, la douane et qui se trouvent au niveau des parquets seront entreprises.

« Aujourd’hui, nous sommes en train de faire une situation claire de tout ça, parce que ces médicaments ne sont pas censés être gardés dans les magasins. Lorsqu’un médicament n’est pas destiné à l’usage, il vaut mieux le détruire. Puisque, à tout moment, pour une raison ou une autre une personne peut être exposée à leur consommation», tranche-t-il

Enfin, Capitaine Aly Badara Camara a tenu à remercier les plus hautes guinéennes, spécialement le Président Mamadi Doumbouya, le Premier Ministre Chef du gouvernement, Amadou Oury Bah et le Ministre de la santé et de l’Hygiène Publique pour leur soutien aux actions du Comité.  Il a également remercié tous les membres du Comité technique national qui luttent contre les pratiques médicales et paramédicales illégales. Il n’a pas non plus oublié les hommes et femmes sur lesquels le comité compte pour l’aider à faire comprendre l’approche de son action et amener la population à l’accompagner.

Interrogés sur des pans spécifiques de la lutte contre les pratiques médicales et paramédicales illégales, les conférenciers ont fait œuvre de pédagogie pour expliquer la méthode employée par le comité dans le cadre de son travail. Ce qui a permis de lever certaines équivoques et d’éclairer la lanterne des journalistes présents.

Bachir Sylla pour www.guinee-eco.com

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