Législatives et Communales du 31 Mai : Séisme à l’UPR, des cadres dénoncent un « résultat lamentable » et exigent une refondation
(Guinée Eco) – L’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR) traverse une zone de fortes turbulences au lendemain des élections législatives et communales du 31 mai 2026. Dans une déclaration cinglante datée du 8 juin, dont la rédaction de Guinée Éco a obtenu copie, un collectif de cadres et de militants à la base dresse un bilan sans concession de ce qu’ils qualifient de « déroute historique » et pointent du doigt « l’amateurisme patent » de l’instance dirigeante.
C’est un véritable camouflet pour l’un des partis historiques de l’échiquier politique guinéen. Pour la toute première fois depuis l’avènement du multipartisme en Guinée, l’UPR ne comptera aucun représentant sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Les résultats issus des doubles scrutins du 31 mai dernier sont sans appel : zéro député, une seule et unique mairie décrochée (Tountouroun), et une poignée de conseillers communaux disséminés à Labé (Tountouroun, Diari), Pita (Bantighel, Sintali, Bourouwal Tappé, Gongoré, Ninguelandé) et Boké (Tanénè). Un score famélique que les signataires de la « Déclaration N°2 » qualifient d’ « humiliant » et de « lamentable », estimant qu’il est très loin de refléter la représentativité réelle et l’assise historique du parti sur le territoire national.
L’Exécutif national sous le feu des critiques
Loin de chercher des excuses extérieures, les frondeurs imputent directement la responsabilité de ce naufrage électoral à la gestion interne de l’organisation. La déclaration cible explicitement « l’amateurisme patent » de certains cadres du Bureau Exécutif National (BEN). Ces derniers sont accusés d’avoir engagé le parti dans la compétition électorale en contournant délibérément les structures locales et les règles élémentaires de fonctionnement de la formation politique.
Selon les termes du document, ces responsables auraient profité d’une « gestion incohérente » installée depuis quelque temps, mais aussi d’une conjoncture morale affaiblie au sommet : « Ils ont bien su tirer profit (…) de l’état de vulnérabilité dans lequel se trouvait son Président suite à la douloureuse perte de sa fille », déplorent les signataires. Une accusation lourde qui fait écho à une première alerte lancée le 1er mai dernier (Déclaration N°1), où les mêmes acteurs dénonçaient déjà des pratiques d’exclusion, de déni et un « marchandage des postes » au détriment des militants historiques et fondateurs de l’UPR.
Vers un Congrès de reconstruction nationale
Malgré la violence du choc, les signataires décident de ne pas céder à la fatalité. Empruntant une célèbre formule à Confucius – « Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever chaque fois que nous tombons » –, le collectif affirme qu’il ne s’agit là que d’une « bataille perdue » dans une guerre politique qui reste à gagner. Un vibrant hommage a par ailleurs été rendu aux sections, aux fédérations et aux militants de l’ombre qui se sont investis sur le terrain sans le moindre soutien logistique ou financier de l’organisme central qu’est le BEN.
Pour les auteurs de la note, le diagnostic appelle à une action immédiate : « L’heure de la remobilisation et du rassemblement a donc sonné pour la reconstruction et la réorganisation de l’UPR dans la sérénité et l’inclusivité », martèlent-ils, en fixant comme cap la tenue d’un congrès national dans les meilleurs délais.
La déclaration se conclut par un appel solennel et pressant lancé au Président du parti ainsi qu’à l’ensemble de la hiérarchie. L’objectif affiché est clair : mener un audit critique et sans complaisance des causes profondes de cet échec électoral. Pour la base, la restructuration profonde de l’UPR est désormais une question de survie, indispensable pour redonner au parti ses lettres de noblesse et en faire, à nouveau, un véritable outil de conquête et d’exercice du pouvoir au bénéfice du peuple de Guinée.
Au moment où nous mettions en ligne cette dépêche, le Bureau Exécutif National n’avait pas encore officiellement réagi à cette sortie qui promet de cristalliser les débats internes dans les jours à venir. Une certitude demeure : l’après-31 mai s’annonce d’ores et déjà électrique au siège national de la Minière.
La Rédaction de Guinée Eco