Financement du développement : La BAD et ODI Global s’allient pour alléger le coût du capital en Afrique

0

(Guinée Eco) – Face aux contraintes financières croissantes, aux tensions sur la dette et à la raréfaction de l’aide publique au développement, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le think tank ODI Global ont officialisé un partenariat stratégique. Objectif : concevoir des mécanismes novateurs pour offrir aux pays africains un accès plus fluide et abordable aux ressources de financement.

La question du financement des infrastructures et de la transformation économique reste au cœur des défis majeurs du continent africain. Pour y répondre, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et ODI Global, groupe de réflexion mondialement reconnu sur le développement international, ont signé un nouveau protocole d’accord cadre.

Cette alliance stratégique matérialise le passage de collaborations ponctuelles à un partenariat à long terme. Elle vise à combiner l’expertise opérationnelle de la BAD et la recherche indépendante d’ODI Global afin de peser dans les débats internationaux sur la réforme de l’architecture financière mondiale.

Lever l’obstacle du coût du capital

Aujourd’hui, les pays du continent se heurtent à un coût du capital particulièrement élevé, à l’étroitesse des marchés financiers locaux et au resserrement des fonds concessionnels. L’illustration emblématique de ces besoins réside dans le projet de voie ferrée à écartement standard reliant la Tanzanie à Dodoma – soutenu par la BAD –, qui démontre à quel point la soutenabilité financière conditionne la réalisation des grands projets structurants.

À travers ce partenariat, les deux organisations entendent développer des solutions pratiques portant sur l’optimisation des fonds concessionnels et du capital mixte ; la réduction des risques pour attirer davantage de capitaux privés (garanties, assurances, cessions de portefeuilles) et l’accompagnement des économies fragiles ou en transition.

Adapter la finance aux réalités africaines

Pour le président de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, ce rapprochement doit servir des ambitions concrètes sur le terrain : « Concevoir des financements adaptés aux réalités des économies africaines, c’est ce qui transforme l’ambition en résultats. La Banque s’appuie sur quatre impératifs : une efficacité accrue, une mise en œuvre plus rapide, une mobilisation des ressources à grande échelle – en commençant par celles du continent – et une mesure rigoureuse de l’impact sur les populations. »

De son côté, Sara Pantuliano, directrice générale d’ODI Global, insiste sur l’urgence de restaurer les marges de manœuvre budgétaires des États africains : « En associant nos recherches à l’expérience terrain de la BAD, nous voulons identifier les réformes qui donneront aux pays la capacité de déterminer leurs propres priorités et d’éviter les montages financiers qui aggravent leur vulnérabilité au lieu de soutenir un développement durable. »

Opérationnaliser la NAFAD et appuyer le FAD

Les travaux menés conjointement alimenteront notamment les réflexions autour des reconstitutions de ressources du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la BAD dédié aux pays à faible revenu.

Ce partenariat vient également renforcer la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), adoptée lors du Consensus d’Abidjan en avril 2026. Destinée à combler un déficit annuel de financement estimé à 400 milliards de dollars, la NAFAD mise sur la mobilisation de l’épargne nationale, l’approfondissement des marchés de capitaux locaux et la mise en place de mécanismes régionaux de partage de risques pour assurer une croissance souveraine et résiliente.

La Rédaction de Guinée Eco

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.