(Guinée Eco) – À la suite d’une première formation des journalistes d’expression française, la semaine dernière, la Direction générale des élections (DGE) a organisé ce samedi 20 décembre 2025 une autre session de formation à l’intention des journalistes de langues nationales. L’objectif est d’outiller les participants afin de leur permettre de mieux couvrir les activités électorales, notamment lors de la présidentielle du 28 décembre prochain.
S’exprimant à la cérémonie d’ouverture de cet atelier de formation, Mme Camara Djénabou Touré, Directrice générale des élections, a indiqué qu’il sera en autres question d’expliquer aux journalistes en langues la procédure d’accréditation des journalistes qui revient à la Haute autorité de la communication (HAC), la couverture unique qui sera menée à travers la synergie des radios et télévisions privées et publiques de Guinée, mais aussi le déroulé du vote dans les bureaux de vote, la centralisation des résultats et le rôle des hommes de médias dans l’information des populations.
« Votre droit, vos devoirs en tant que journalistes, en période électorale, vous seront expliqués. Je pense que le code de conduite vous sera également expliqué en tant que journalistes. Tout cela va vous permettre de vous outiller, mais aussi vous permettre de faire votre travail en bonne et due forme afin de rester dans le cadre de la loi », a-t-elle souligné.

M. Boubacar Yacine Diallo, le président de la HAC, a profité de l’occasion pour exposer les tares des journalistes et animateurs de certaines émissions interactives, particulièrement ceux des langues nationales. Il rappelé les efforts de l’institution de régulation des médias guinéens dans l’assainissement du métier de journaliste en Guinée. Il a par ailleurs fait l’éloge de certains chroniqueurs en langues qui s’illustrent par la qualité de leur travail.
« Nous, on a promis de dégager tous ceux qui sont venus à la profession par effraction. On va les dégager ! Qu’ils le veuillent ou pas. Il faut que la Guinée ait une presse normale », a martelé Boubacar Yacine Diallo. Pour ce faire, argue-t-il, les patrons de presse seront contraints de ne recruter que des journalistes. Selon lui, il y a actuellement trop de confusion dans les émissions en langues nationales. « Quelqu’un qui, à l’origine vient pour des prêches, devient par la suite chroniqueur de conflits domaniaux », s’indigne le président de la HAC.
Dans un cadre plus formel Boubacar Yacine Diallo a félicité les journalistes guinéens pour la qualité de la couverture médiatique du Référendum constitutionnel de septembre dernier. Il a émis l’espoir que le même travail de qualité sera observé à la faveur de l’élection présidentielle du 28 septembre 2025. « Déjà la couverture que vous faites de la campagne électorale est irréprochable. Je viens de parcourir quelques régions administratives où j’ai rencontré les journalistes et j’ai mesuré tout l’intérêt qu’ils portent à une campagne apaisée, neutre et à une couverture responsable des candidats », assure le président de la HAC.

Aux journalistes en langues nationales, Boubacar Yacine Diallo a rappelé qu’ils ont un rôle central à jouer. Parce que, affirme-t-il, lorsqu’on parle en français, très peu de personnes comprennent en Guinée. « Peut-être que ces personnes écoutent, entendent, mais ne comprennent pas. Et vous, comme vous le dites vous-mêmes, vous parlez sans filtres. Tout à l’heure, la Directrice s’est adressée à vous en langue soussou et c’était sans filtres. C’était clair. Vous faites la même chose vis-à-vis de vos auditeurs et de vos téléspectateurs », a déclaré M. Diallo.
Il a formulé l’espoir que la paix règne dans le pays. Il estime à nouveau que si le référendum du 21 septembre a été paisible, si la campagne pour la présidentielle l’est, c’est parce que la DGE a fait preuve de neutralité, de professionnalisme et de responsabilité. « L’élection est organisée de manière inclusive. Ensuite, il y a la part des forces de défense et de sécurité qui méritent nos félicitations pour avoir su encadrer le processus électoral du point de vue sécuritaire. Et, tout le monde le dit aujourd’hui, tout le monde le reconnait, le rôle pacificateur que la presse a joué », fait remarquer le Président de la HAC.
Bachir Sylla pour www.guinee-eco.com