Au 39e sommet de l’UA : Ousmane Sonko déploie une diplomatie offensive pour repositionner le Sénégal
(Guinée Eco) – Lors du 39e sommet de l’Union africaine organisé à Addis-Abeba, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a mené une séquence diplomatique particulièrement soutenue, traduisant la volonté des nouvelles autorités sénégalaises d’inscrire leur action dans une dynamique africaine forte, cohérente et assumée.
Dans un contexte continental marqué par des défis sécuritaires persistants, des transitions politiques sensibles et une conjoncture économique mondiale incertaine, la participation du Sénégal ne s’est pas limitée à une présence protocolaire. Elle s’est inscrite dans une démarche stratégique visant à repositionner le pays comme un acteur influent au sein des grandes orientations politiques africaines.

Au cœur des échanges, la question de la souveraineté économique a occupé une place centrale. Ousmane Sonko a mis en avant la nécessité d’accélérer l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine, considérée comme un levier majeur pour transformer structurellement les économies africaines.
Selon la vision défendue par Dakar, l’intégration régionale ne peut être réduite à la simple circulation des marchandises ; elle doit s’accompagner d’une industrialisation accrue, d’une transformation locale des ressources naturelles et d’un renforcement des chaînes de valeur africaines. Cette orientation s’aligne sur la ligne politique impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui prône une gouvernance axée sur la souveraineté, la justice économique et un rééquilibrage des partenariats internationaux.
Les enjeux sécuritaires ont également occupé une place importante dans les discussions. Face à la situation préoccupante au Sahel et aux menaces persistantes liées au terrorisme et à l’instabilité institutionnelle, le chef du gouvernement sénégalais a plaidé pour une consolidation des mécanismes africains de prévention et de gestion des crises. L’accent a été mis sur la nécessité de renforcer la coopération régionale, d’améliorer le financement autonome des dispositifs de paix et de sécurité, et de promouvoir des solutions conçues et portées par les États africains eux-mêmes.
En marge des sessions officielles, Ousmane Sonko a multiplié les rencontres bilatérales avec plusieurs dirigeants et responsables africains. Ces échanges ont permis d’aborder des questions liées à la coopération économique, aux investissements stratégiques, à l’énergie, aux infrastructures et à la coordination diplomatique sur les grandes réformes institutionnelles en cours au sein de l’Union africaine. Cette diplomatie active traduit une volonté de consolider les alliances régionales tout en élargissant le champ des partenariats stratégiques du Sénégal.
Au-delà des discours, la présence sénégalaise à Addis-Abeba illustre une évolution de la posture diplomatique nationale. Le Sénégal cherche désormais à conjuguer son engagement historique en faveur de l’intégration africaine avec une affirmation plus nette de ses intérêts souverains. Cette approche vise à renforcer l’influence du pays dans les débats structurants du continent, qu’il s’agisse de gouvernance institutionnelle, de développement économique ou de sécurité collective.
D’ailleurs, la participation d’Ousmane Sonko au 39e sommet de l’Union africaine marque une étape significative dans la redéfinition du rôle diplomatique du Sénégal. Elle témoigne d’une ambition affirmée : contribuer activement à la construction d’une Afrique plus intégrée, plus stable et plus maîtresse de son destin.
Moussa Ba, Dakar-Sénégal