Guinée : Le MATD somme les partis politiques de se mettre en conformité avant le 25 mai 2026

0

(Guinée Eco) – Le paysage politique guinéen s’apprête à connaître une restructuration profonde. Dans un communiqué officiel publié ce 25 février 2026, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), M. Ibrahima Kalil Condé, a rappelé aux formations politiques l’obligation impérative de se conformer à la nouvelle Loi organique LO/2025/035/CNT. Le compte à rebours est lancé : les retardataires risquent tout simplement la radiation.

C’est un véritable séisme qui secoue les états-majors des partis politiques. En application de la nouvelle législation promulguée en novembre dernier, le gouvernement guinéen durcit les règles du jeu. L’objectif affiché est clair : assainir l’espace politique en imposant des standards de transparence et de démocratie interne.

Vers la fin d’un ultimatum de six mois

Le délai transitoire de six mois, entamé le 25 novembre 2025, arrive bientôt à son terme. Les partis politiques légalement constitués ont jusqu’au 25 mai 2026 pour déposer un dossier complet de mise en conformité au Secrétariat de la Direction Générale des Affaires Politiques.

« À l’expiration de ce délai, tout parti politique n’ayant pas satisfait aux obligations prévues par la Loi perd automatiquement son statut juridique », prévient fermement le communiqué ministériel.

Inclusivité et démocratie : Les nouvelles exigences

Le nouveau cadre juridique ne se contente pas de formalités administratives ; il exige des réformes structurelles majeures :

Quota de genre : Les partis doivent désormais intégrer au moins 30% de femmes dans leurs organes décisionnels, de la base au sommet.

Alternance interne : Les statuts mis à jour doivent obligatoirement consacrer l’alternance démocratique au sein du parti.

Maillage territorial : Les formations politiques doivent fournir les procès-verbaux de leurs congrès extraordinaires tenus à tous les échelons (Comités de base, Sections, Fédérations et Bureau Exécutif).

Des contrôles financiers et judiciaires renforcés

Sur le plan économique, la gestion financière et patrimoniale devient un critère de conformité. Les partis doivent également s’acquitter d’une redevance auprès de la Banque Centrale (BCRG).

Le MATD met également en garde contre toute tentative de fraude. En vertu de l’article 613 du code pénal guinéen, toute falsification de documents est passible de 5 à 10 ans d’emprisonnement et d’amendes pouvant atteindre 150 millions GNF.

Une administration politique en mouvement

Pour les observateurs, cette mesure pourrait réduire drastiquement le nombre de partis politiques en Guinée, souvent critiqués pour leur caractère « saisonnier » ou leur manque de structuration réelle. Le Ministre Ibrahima Kalil Condé dit compter sur le « sens de responsabilité » des acteurs pour réussir cette transition vers un cadre plus rigoureux.

Alors que l’échéance du 25 mai approche, la question reste entière : combien de partis parviendront à franchir cet obstacle administratif et légal ?

Focus de Guinée Eco

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.