Choc géopolitique au Moyen-Orient : quelles ondes de choc pour l’économie guinéenne après la mort de l’Ayatollah Khamenei ?

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​(Guinée Eco) – L’annonce de la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, ce week-end à Téhéran, plonge le monde dans une incertitude majeure. Alors que les marchés financiers mondiaux retiennent leur souffle, la Guinée, bien qu’éloignée géographiquement du golfe Persique, pourrait subir de plein fouet les répercussions économiques de cette instabilité. Entre flambée du baril et pressions inflationnistes, analyse d’un séisme aux répercussions locales.

TEHRAN, IRAN – JUNE 26: (EDITOR’S NOTE: This Handout image was provided by a third-party organization and may not adhere to Getty Images’ editorial policy.) In this photo released by the official website of the Supreme Leader’s Office on Thursday, June 26, 2025, Iranian Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei appears among his supporters for the first time since the Iran-Israel war, in Tehran, Iran. (Photo by Office of the Supreme Leader of Iran via Getty Images)

L’Iran a confirmé ce dimanche 1er mars 2026 la disparition de son leader spirituel et politique, suite à une opération militaire d’envergure conjointement menée par les Etats-Unis et Israël. Au-delà de l’aspect sécuritaire et de la crainte d’un embrasement régional, c’est le volet économique qui inquiète les capitales mondiales. Pour Conakry, le scénario d’une crise énergétique importée devient une menace réelle.

​Le pétrole au cœur de la tempête mondiale

​La première conséquence immédiate est la réaction nerveuse du marché pétrolier. L’Iran a déjà évoqué la fermeture « de facto » du détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole brut mondial.

​Le Brent en surchauffe : Déjà orienté à la hausse en ce début d’année, le cours du baril pourrait franchir le seuil symbolique des 100 dollars dès l’ouverture des marchés demain.

​La riposte de l’OPEP+ : Bien que l’organisation ait annoncé une hausse de sa production de 206 000 barils par jour pour avril, les analystes estiment que cela ne suffira pas à compenser une rupture d’approvisionnement dans le Golfe.

​Facture énergétique et inflation : Le défi du gouvernement guinéen

​Pour la Guinée, importatrice nette de produits pétroliers, une hausse prolongée des cours mondiaux est synonyme de pression sur les finances publiques.

Pression sur les prix à la pompe : Malgré les efforts de l’État pour stabiliser les prix via la SONAP (Société Nationale des Pétroles), l’écart entre le prix international et le prix subventionné risque de devenir insoutenable pour le budget national.

Coûts de transport et vie chère : En Guinée, toute hausse du prix du carburant se répercute mécaniquement sur le prix des transports urbains et interurbains, et par extension sur les denrées alimentaires sur les marchés de Conakry et de l’intérieur.

L’énergie électrique : Avec une part importante de la production thermique dans le mix énergétique (notamment pour pallier l’étiage des barrages hydroélectriques), le coût de la production d’électricité pourrait exploser, alourdissant le déficit de l’EDG (Électricité de Guinée).

​ Un effet refuge à double tranchant pour le secteur minier

​Le secteur minier, poumon de l’économie guinéenne, pourrait observer des effets contrastés :

​Valeur refuge par excellence, l’or pourrait voir son cours s’envoler. Une aubaine pour les exportations d’or guinéennes (artisanales et industrielles), qui pourraient partiellement compenser la facture pétrolière.

​À l’inverse, si le coût du fret maritime mondial augmente en raison des primes d’assurance de guerre et du prix du fuel marin, la compétitivité de la bauxite guinéenne sur les marchés asiatiques pourrait être testée.

​Une vigilance accrue nécessaire

​Si la transition politique à Téhéran s’avère longue et conflictuelle, la Guinée devra faire preuve d’une grande agilité macroéconomique. Le pays, qui mise sur une croissance robuste en 2026 portée par le projet Simandou, ne peut se permettre un choc inflationniste qui viendrait fragiliser la consommation des ménages.

​Le Gouvernement Bah Oury et les autorités monétaires du pays de Mamadi Doumbouya devront scruter de près l’évolution des marchés dès cette semaine. La résilience de l’économie guinéenne, déjà éprouvée par le passé, sera une nouvelle fois mise à l’épreuve.

Par Bachir Sylla pour Guinee-eco.com

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