(Guinée Eco) – Depuis le début de la semaine, la capitale guinéenne vibre au rythme d’une fébrilité inhabituelle. De longues files d’attente se sont formées devant les stations-service, réveillant le spectre des pénuries passées. Entre rumeurs persistantes et tensions géopolitiques mondiales, la Société Nationale des Pétroles (SONAP) a dû monter au créneau pour stabiliser le marché.
Un vent de panique né de la rumeur
Tout a commencé le mardi 3 mars 2026. Comme le rapporte Lerevelateur224, des « files d’attente inhabituelles » ont été observées non seulement à Conakry, mais aussi dans plusieurs villes de l’intérieur. La cause ? Une « psychose » alimentée par des rumeurs sur les réseaux sociaux liant la situation politique au Moyen-Orient (notamment les tensions en Iran) à une éventuelle rupture de l’approvisionnement national.
Guinee28 parle même d’une « chasse aux carburants sur fond de psychose », où certains usagers, craignant une envolée des prix ou une rareté prolongée, ont tenté de constituer des stocks de précaution, aggravant mécaniquement l’affluence.
La mise au point ferme de la SONAP
Face à ce risque de paralysie économique, la SONAP a publié un communiqué de presse pour couper court aux spéculations. L’information principale, relayée par Siaminfos et RTG Guinée, est sans équivoque : « Il n’existe aucune rupture ni tension structurelle sur l’approvisionnement. »
Selon la SONAP, les dépôts nationaux disposent de réserves suffisantes pour couvrir les besoins du pays. Tout en rassurant que des bateaux sont déjà programmés et en cours d’acheminement pour assurer la rotation des stocks, la société d’État invite les citoyens à éviter les « comportements spéculatifs » qui créent des pénuries artificielles.
« La situation au Moyen-Orient n’affecte en rien les commandes faites pour les mois prochains en Guinée », précise une source interne citée par Mosaiqueguinee.
Bien que la desserte en carburant s’est normalisée ce mercredi, la situation de cette semaine illustre la fragilité psychologique du marché guinéen face aux chocs externes. Alors que le prix du baril de Brent flirte avec les 80 USD sur les marchés internationaux suite à l’escalade au Moyen-Orient, la réactivité de la SONAP est cruciale pour éviter une inflation des coûts de transport qui pèserait lourdement sur le panier de la ménagère en ce début de mois de mars.
L’Union des Consommateurs de Guinée (UCG) a d’ailleurs exhorté les gérants de stations à « maintenir un approvisionnement régulier » et à ne pas céder à la tentation de la rétention de stocks, une pratique souvent observée en période d’incertitude.
La Rédaction de Guinée Eco