Élections du 31 mai : La HAC serre la vis sur le numérique et les contenus sponsorisés

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(Guinée Eco) – À l’approche des législatives et des communales prévues pour le 31 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a publié le 11 avril 2026 une Directive qui encadre désormais strictement l’activité des influenceurs, blogueurs et médias en ligne, avec un accent particulier sur la transparence financière des contenus électoraux.

Un nouveau cadre pour « l’économie de l’influence » électorale

Fini le « Far West » numérique en période électorale. Par cette directive N° 001/HAC/2026, signée le 11 avril 2026, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, et ses commissaires entendent réguler l’influence croissante des plateformes numériques sur l’opinion publique.

L’article 2 de la directive élargit considérablement le champ de surveillance : ne sont plus seulement visés les médias traditionnels, mais aussi les influenceurs, les administrateurs de groupes, les cyberactivistes et les créateurs de contenus dès lors qu’ils interviennent de manière répétée sur la campagne.

La fin du sponsoring occulte

Pour le secteur de l’économie numérique et de la publicité, l’Article 7 marque un tournant. La directive impose une transparence totale sur les flux financiers liés à la propagande. La HAC exige que tout contenu diffusé contre paiement, avantage ou soutien matériel soit clairement marqué comme tel. Elle proscrit les « partenariats » dissimulés entre acteurs politiques et influenceurs. De même, les opérations coordonnées visant à gonfler artificiellement la popularité d’un candidat sont dans le collimateur de l’autorité de régulation.

Responsabilité éditoriale et modération

La HAC assimile désormais les comptes à forte audience à des éditeurs de presse. Les responsables de ces espaces numériques (pages Facebook, chaînes YouTube, comptes TikTok) ont désormais une obligation de modération (Article 8). Ils sont tenus de supprimer les discours de haine, les fausses informations (fake news) et les montages trompeurs sous peine de sanctions administratives. De plus, une obligation d’archivage est instaurée pour toute la durée de la campagne, permettant à la HAC d’exercer son pouvoir de contrôle et de veille a posteriori.

Quelles sanctions pour les contrevenants ?

La HAC se dote d’un arsenal de mesures administratives graduées pour faire respecter ces règles : observations écrites et rappels à l’ordre ; injonctions de retrait de contenus litigieux ; mises en demeure ; mesures d’urgence (Article 13) en cas de risques de troubles graves à l’ordre public ou d’atteinte à la paix sociale.

Cette directive de la HAC intervient dans un contexte où le marketing politique numérique est devenu un levier économique puissant. En imposant la transparence sur les « contenus sponsorisés », la HAC tente de moraliser le marché de la communication digitale électorale tout en protégeant la sincérité du scrutin. Pour les acteurs du web guinéen, l’heure est à la professionnalisation et à la mise en conformité.

La Rédaction de Guinee-eco.com  

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