Page noire : disparition de Hadja Andrée Touré, première Première dame de la Guinée indépendante

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​(Guinée Eco) – La Guinée est en deuil. Hadja Andrée Touré, veuve du père de l’indépendance guinéenne, le président Ahmed Sékou Touré, est décédée ce mercredi 8 juillet 2026 au Maroc, à l’âge de 92 ans, des suites d’une maladie. L’information, qui a suscité une vive émotion à Conakry et à travers tout le pays, marque la fin d’une époque pour la nation guinéenne. Avec la disparition de celle qui fut la toute première Première dame de la République de Guinée (de 1958 à 1984), c’est un pan entier de l’histoire contemporaine de la Guinée et de l’Afrique qui se referme.

​Une vie au cœur de l’Histoire

​Née en 1934 d’un père français (le médecin militaire Paul Mary) et d’une mère guinéenne (Kaïssa Kourouma), Andrée Touré a incarné, dès l’accession de la Guinée à la souveraineté internationale le 2 octobre 1958, la dignité et l’élégance de la femme guinéenne. Mariée à Ahmed Sékou Touré en 1953, elle est restée à ses côtés durant les vingt-six années de son régime intransigeant et révolutionnaire, partageant avec lui les honneurs de l’État mais aussi les turbulences politiques d’une époque marquée par les tensions de la guerre froide et les complots réels ou supposés.

​Discrète mais influente, Hadja Andrée Touré a joué un rôle de premier plan dans l’émancipation des femmes guinéennes et s’est investie dans de nombreuses œuvres sociales, tout en restant dans l’ombre du « Responsable suprême de la Révolution ».

​L’épreuve du pouvoir et l’exil

​La mort de Sékou Touré en mars 1984 bascule brutalement son destin. Suite au coup d’État militaire mené par le général Lansana Conté en avril de la même année, Hadja Andrée Touré est arrêtée avec son fils Mohamed Touré. Condamnée puis libérée quelques années plus tard, elle choisit le chemin de l’exil, partageant sa vie entre le Maroc, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

​Ce n’est qu’au début des années 2000 qu’elle est autorisée à regagner définitivement sa terre natale. Depuis son retour, elle vivait retirée de la scène politique active, mais restait une figure morale respectée, régulièrement visitée par les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays, en quête de ses conseils ou de sa bénédiction.

​L’hommage de la nation

​Dès l’annonce de son décès au Maroc, où elle s’était rendue pour des soins médicaux, les hommages de la classe politique, de la société civile et des citoyens anonymes affluent. Beaucoup saluent en elle une femme d’État résiliente, témoin privilégié des espoirs et des drames de la Guinée postcoloniale.

​La rédaction de Guinee-Eco présente ses condoléances les plus attristées à sa famille, ainsi qu’à tout le peuple de Guinée. Que son âme repose en paix.

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