Intégration en Afrique de l’Ouest : la CEDEAO projette son avenir lors du sommet de Lungi en Sierra Leone
(Guinée Eco) – Le Centre international de conférences Julius Maada Bio de Lungi a abrité, le 19 juillet 2026, deux rendez-vous majeurs de la sous-région : le Sommet sur l’avenir de l’intégration régionale et la 69e session ordinaire de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
À l’approche du cinquantenaire de l’organisation sous-régionale, les dirigeants ouest-africains, accompagnés d’invités de marque et de partenaires internationaux, ont jeté les bases d’une intégration réinventée, axée sur la paix, la transformation économique et des résultats concrets pour les citoyens.
Un passage de relais sous le signe de l’action
Ce sommet a été marqué par le bilan de fin de mandat du Dr Omar Alieu Touray, président sortant de la Commission de la CEDEAO. Revenant sur quatre années de réformes institutionnelles et de gestion de crises politiques, sécuritaires et économiques inédites, il a rappelé que l’avenir de la CEDEAO « ne sera pas déterminé uniquement par les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, mais par les choix que nous ferons pour y répondre ». À compter du 1er septembre 2026, le général Birame Diop (Sénégal) lui succédera à la tête de la Commission.
Sur le plan de la gouvernance, le président de la République du Sénégal, S.E. Bassirou Diomaye Faye, a été élu président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, prenant le relais du président sierra-léonais, S.E. Julius Maada Bio.
Dans son discours d’ouverture, Julius Maada Bio a insisté sur la nécessité d’aligner les ambitions diplomatiques sur les réalités du terrain. « Notre responsabilité est de passer de l’engagement à la mise en œuvre, de la politique à la pratique et de l’ambition à des résultats mesurables », a-t-il affirmé, exhortant la région à renforcer la paix, le capital humain et les institutions démocratiques.
Économie et partenariat stratégique : l’appel du secteur privé
Invité spécial des travaux, le président du Conseil des entreprises de la CEDEAO et fondateur du groupe Dangote, Alhaji Aliko Dangote, a plaidé pour une accélération de l’industrialisation et le développement des chaînes de valeur régionales. Selon lui, la réussite de l’intégration doit se traduire par des retombées directes pour les populations : créations d’emplois, accès à une énergie fiable, alimentation abordable et levée des entraves au commerce.
Un message appuyé par les Nations Unies, représentées par sa Secrétaire générale adjointe, Amina J. Mohammed. Elle a mis en avant trois priorités : la sécurité menée par des solutions africaines, l’accélération de la transformation économique inclusive et l’accroissement de l’influence africaine à l’échelle mondiale. Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, également présent comme invité spécial, a réitéré l’engagement de la Mauritanie en faveur d’une coopération renforcée et de la stabilité sous-régionale.
Accords stratégiques et projets structurants
Au cours des travaux, la Conférence des chefs d’État a procédé à la signature de plusieurs actes juridiques et politiques majeurs. Il s’agit de la Déclaration d’engagement en faveur du Pacte pour l’avenir de l’intégration régionale ; de l’Accord intergouvernemental (AIG) relatif au projet de gazoduc atlantique africain (AAGP), marquant une étape importante pour la souveraineté énergétique régionale et de la Déclaration présidentielle sur la promotion de la parité des sexes dans la représentation politique au sein des États membres.
Les chefs d’État ont par ailleurs examiné le rapport intérimaire 2026 sur l’état de la Communauté, ainsi que les conclusions des récentes sessions du Conseil de médiation et de sécurité et du Conseil des ministres.
En marge des réunions, les dirigeants ouest-africains ont procédé à l’inauguration officielle du Centre international de conférences Julius Maada Bio de Lungi, nouvel équipement d’envergure appelé à accueillir les grands rendez-vous diplomatiques de la région.
La rédaction de Guinée-Eco