Accord avec les services du FMI : le gouvernement guinéen s’en félicite devant la presse

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(Guinée Eco) – À l’issue de négociations intensives, un accord technique a été conclu entre les autorités guinéennes et les services du Fonds Monétaire International (FMI) pour la mise en place d’un nouveau programme économique et financier soutenu par la Facilité Élargie de Crédit (FEC). Couvrant une période de 41 mois, ce programme est assorti d’un enveloppe financière globale de près de 425 millions de dollars américains.

Cette annonce majeure a été faite conjointement par le gouvernement et les autorités financières lors d’un point de presse animé ce mardi 11 août 2026 par la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, le Ministre du Plan, du Développement Économique et de la Coopération Internationale, Ismaël Nabé et le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba.

Un partenariat fondé sur la force des acquis, non sur la crise

S’exprimant au nom du gouvernement, la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a tenu à souligner le contexte singulier dans lequel intervient cet accord. Loin d’être conclu sous la pression d’une urgence financière ou d’une crise structurelle, ce programme s’inscrit au contraire dans une dynamique de croissance solide et de retour à la stabilité institutionnelle sous le leadership du Président de la République, le Général Mambadi Doumbouya, et du Premier Ministre, Bah Oury.

« La Guinée n’aborde pas ce nouveau programme avec le FMI en situation de crise ou de faiblesse, mais plutôt avec des acquis, des ambitions et des ressources considérables », a déclaré Mariama Ciré Sylla, estimant que les indicateurs macroéconomiques récents témoignent de cette dynamique positive. En effet, Après avoir atteint 6,9 % en 2025, le taux de croissance du PIB de la Guinée devrait s’accélérer à 8,6 % en 2026 projette la ministre.

Selon elle, les recettes fiscales guinéens sont passées de 8,6 % du PIB en 2024 à 11,3 % en 2025. Elle rappelle que la Guinée a obtenu sa première notation souveraine internationale de B+ avec perspective stable, avant de voir sa perspective relevée de stable à positive en seulement six mois. Elle a fait remarquer que la dette publique du pays demeure à un niveau modéré et que les réserves de change de la BCRG continuent de se renforcer.

Les 5 axes prioritaires du programme

Le programme s’articule autour de cinq piliers stratégiques visant à diversifier l’économie et à créer des emplois durables. Le premier pilier portera sur la mobilisation durable des recettes publiques à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction des dépenses inefficaces et la digitalisation accrue des régies financières pour financer les grands projets nationaux, notamment le programme Simandou 2040.

Le deuxième s’appuiera sur la gestion rigoureuse des finances publiques par la transition vers le budget-programme, l’amélioration de la fiabilité des prévisions économiques et la sélection rigoureuse des investissements publics à forte rentabilité socio-économique.

En troisième position, il s’agira d’assurer la stabilité macroéconomique et de favoriser la bonne gouvernance par la maîtrise permanente de l’inflation, le renforcement des réserves de change et la publication régulière des données budgétaires pour garantir la transparence et la redevabilité.

La diversification économique et la promotion du capital humain consituera le quatrième pilier par le biais duquel un soutien prioritaire sera accordé à l’agriculture, à l’agro-industrie (pilier central de la vision Simandou 2040), aux PME et aux services.

Le cinquième pilier concernera les infrastructures et le développement social. Celui-ci permettra la transformation de la rente minière et des investissements d’infrastructures en opportunités réelles pour la jeunesse et en services sociaux de base (écoles, hôpitaux, routes, accès à l’eau et à l’électricité).

Simandou 2040 : transformer la manne minière en prospérité partagée

Au cœur des allocutions gouvernementales figure l’impact structurant du mégaprojet Simandou. Pour les autorités, l’enjeu majeur réside dans la capacité de l’État à canaliser l’expansion minière et les investissements massifs dans les infrastructures pour éviter le piège des inégalités et bâtir une prospérité inclusive.

Pour sa part, M. Ismaël Nabé, Ministre du Plan, du Développement Économique et de la Coopération Internationale, a précisé le sens stratégique de cette coopération financière :

« La stabilité macroéconomique n’est pas une destination, elle est le socle de notre transformation. Nous ne stabilisons pas l’économie pour stabiliser l’économie, nous stabilisons notre économie pour pouvoir investir davantage dans nos routes, dans nos énergies, dans nos agricultures, dans nos industries, dans notre système éducatif et dans le capital humain. »

Il a également rappelé que cet accord avec le FMI ne constitue pas une relation de dépendance, mais un levier technique et financier au service de la souveraineté nationale : « Le FMI apporte son expertise et un accompagnement, mais la vision, les priorités et les décisions appartiennent à la Guinée. »

Un outil au service de la souveraineté économique

Dans cette optique, le Ministère du Plan et de la Coopération Internationale entend renforcer trois chantiers techniques majeurs : la planification stratégique, la modernisation du système statistique national et le suivi-évaluation des politiques publiques.

Le gouverneur de la Banque centrale guinéenne qui s’est également exprimé au cours de ce point de presse a estimé que la valeur de cet accord ne se résume pas à sa valeur en dollars, en DTS ou en Franc Guinéen.

« Sa véritable valeur réside dans la crédibilité qu’il apporte à notre politique économique, dans l’encrage qu’il donne à nos réformes et dans la confiance qu’il peut susciter auprès des investisseurs et de nos partenaires », a affirmé Dr Karamo Kaba.

Le gouverneur de la BCRG a souligné que la Guinée est dans une dynamique nouvelle marquée par une forte croissance qui pourrait atteindre 10% entre 2027 et 2030, grâce notamment au secteur minier et à la montée en puissance du Projet Simandou. 

L’accord conclu sur le plan technique doit à présent être transmis au Conseil d’Administration du FMI pour approbation finale dans les semaines à venir. Avec ce nouveau programme de 425 millions de dollars sur 41 mois, la Guinée réaffirme son ambition de concilier discipline budgétaire, attractivité des investissements et souveraineté économique.

Bachir Sylla pour Guinee-eco.com   

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