Transition énergétique : l’ONU lance l’« Accélérateur des réseaux mondiaux » pour débloquer l’électricité propre en Afrique et en Asie
(Guinée Eco) – À l’approche du Sommet des Nations Unies sur le climat 2026, António Guterres a officialisé le lancement du Global Grids Accelerator (Accélérateur des réseaux mondiaux). Cette initiative stratégique vise à surmonter le principal goulot d’étranglement de la transition énergétique : l’inadaptation des infrastructures électriques face à l’essor spectaculaire des énergies renouvelables.
Alors que la production d’énergie propre bat des records à l’échelle mondiale, l’acheminement de cette électricité reste confronté à un mur d’infrastructures obsolètes ou insuffisantes. Plus de 2 500 gigawatts de projets renouvelables sont actuellement bloqués dans le monde, faute de pouvoir être raccordés aux réseaux. C’est pour combler ce fossé infrastructurel, particulièrement aigu dans les pays en développement, que le Secrétaire général de l’ONU a lancé le Global Grids Accelerator.
Loin d’être une nouvelle institution financière, cet Accélérateur agira comme un catalyseur. Son objectif principal est de transformer les plans énergétiques régionaux et nationaux en projets bancables, en structurant l’assistance technique, les réformes réglementaires et le financement de grands investissements.
L’Afrique et l’Asie du Sud-Est en ligne de mire
L’initiative cible prioritairement deux régions à forte croissance et aux besoins énergétiques immenses : l’Afrique et l’Asie du Sud-Est.
En Afrique, l’Accélérateur s’insèrera directement dans les dynamiques existantes pour les renforcer. Il s’appuiera notamment sur le Plan directeur du système électrique continental (CMP), le Marché unique africain de l’électricité (AfSEM) et le programme Mission 300, qui ambitionne d’accorder un accès à l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030.
« L’Accélérateur permettra de mobiliser l’expertise, les financements et le soutien nécessaires à la construction des réseaux, élargissant ainsi l’accès à l’énergie et stimulant la croissance dans les pays en développement », a souligné António Guterres.
Pour le Dr Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD), ce mécanisme permettra de « renforcer la confiance dans l’atteinte des objectifs d’accès à l’électricité tout en raccordant des millions de ménages et d’entreprises ».
Un défi d’investissement colossal jusqu’en 2040
Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le monde devra construire ou rénover plus de 80 millions de kilomètres de réseaux électriques d’ici 2040 pour réussir sa transition. Les investissements mondiaux annuels, évalués aujourd’hui à 450 milliards de dollars, doivent bondir de 50 % d’ici 2030.
Pour répondre à ce défi, le système des Nations Unies orchestre une alliance inédite. La conduite de l’Accélérateur sera assurée par le PNUD, l’UNOPS et l’initiative Énergie durable pour tous (SEforALL), en synergie avec la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et l’ONUDI. Ces entités travailleront main dans la main avec les grands bailleurs internationaux, dont la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI), la BAD et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII).
L’ambition dépasse la simple fourniture d’électricité : il s’agit de poser les bases d’une industrialisation verte durable. Comme l’a rappelé Gerd Müller, Directeur général de l’ONUDI, les réseaux modernes doivent devenir des « leviers d’investissement pour créer de la valeur locale, renforcer la résilience et générer des emplois ».
Les premiers axes prioritaires et la feuille de route opérationnelle de l’Accélérateur seront précisés lors des étapes menant à la COP31 d’Antalya et s’étaleront jusqu’en 2027.
La rédaction de Guinée Éco