Les chercheuses en Afrique ont besoin de notre soutien (Par Pre Nnenesi Kgabi)

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(Guinée Eco) – L’Afrique ne peut plus se permettre de sous-exploiter le potentiel des femmes en matière de recherche. J’ai toujours espéré voir le jour où cette question appartiendrait au passé, au lieu de faire encore l’objet de nos discussions en 2026. Mais, malheureusement, nous en sommes toujours là. Partout sur notre continent, les femmes se heurtent encore à des obstacles lorsqu’elles souhaitent bâtir une carrière dans la recherche, obtenir des financements et accéder à des postes de responsabilité scientifique. L’augmentation du nombre d’étudiantes est importante, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à garantir l’égalité parmi les chercheurs.

L’Afrique compte 54 pays membres de l’ONU et, selon l’annuaire uniRank 2026, 1 332 établissements d’enseignement supérieur répertoriés et officiellement reconnus. Les établissements existent, mais une question demeure : dans quelle mesure accompagnent-ils le développement des carrières des chercheuses ?

Selon les données publiées en février 2025 par l’Institut de statistique de l’UNESCO, les femmes ne représentaient, en 2022, que 33,4 % des chercheurs en Afrique subsaharienne et 43,2 % en Afrique du Nord. Dans ces deux régions africaines, la parité restait donc à atteindre.

Soutenir davantage les femmes grâce au financement de la recherche, au mentorat, à des possibilités d’avancement équitables et à des conditions de travail tenant compte des responsabilités familiales permettrait de renforcer les effectifs de la recherche en Afrique. Comme le souligne l’UNESCO dans son appel à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans les sciences, une participation inégale limite la diversité des idées de recherche, introduit des biais et risque d’écarter des perspectives nécessaires pour relever les défis mondiaux. Pour l’Afrique, soutenir les chercheuses, c’est renforcer les connaissances et les compétences disponibles pour répondre à ses besoins de développement, tout en leur donnant les moyens de progresser et de diriger des programmes de recherche.

L’Afrique a également besoin d’une plus grande représentation des chercheuses dans les domaines hautement techniques, notamment dans le développement de technologies et d’innovations. D’après mon expérience, les travaux de recherche des femmes portent souvent sur des questions sociales, et je ne remets nullement en cause l’importance de ces travaux. Cependant, nous avons aussi besoin de davantage de femmes directement engagées dans le développement de technologies et la création de solutions innovantes pouvant être commercialisées.

Je souhaite encourager les chercheurs expérimentés et reconnus des établissements de notre continent à accompagner les femmes au-delà de l’obtention de leur doctorat. Nous devons les guider dans l’identification d’inventions, le dépôt de déclarations d’invention et l’obtention de brevets susceptibles de déboucher sur des applications commerciales.

Nous devrions également aider les femmes à réexaminer leurs travaux de recherche afin d’y repérer des possibilités de développement. Beaucoup ont déjà produit un ensemble considérable de travaux, mais ont besoin de conseils et d’accompagnement pour identifier les résultats qui pourraient donner naissance à des innovations concrètes.

C’est un début, mais nous devons aller plus loin. Ce ne sont que les premiers pas d’un marathon que nous devons courir. En tant que communauté scientifique, nous devons poser cette question, sans craindre les réponses : que devons-nous faire, à l’échelle du continent, pour que les perspectives spécifiques que les chercheuses apportent à la recherche en Afrique ne soient ni ignorées ni perdues ?

Nous devons ensuite agir avec détermination. Partout en Afrique, les universités doivent financer équitablement les travaux des chercheuses, soutenir leur accession aux postes de responsabilité dans la recherche et l’innovation, et veiller à ce que les chercheurs expérimentés les accompagnent au-delà du doctorat. Cet accompagnement doit les aider à transformer leurs résultats en technologies, en politiques publiques et en solutions concrètes aux défis de notre continent en matière d’eau, d’énergie, d’alimentation, de santé et d’économie.

Nous devons exiger de nos établissements qu’ils rendent compte de leurs efforts pour créer ces possibilités, afin que les perspectives des femmes contribuent à façonner l’avenir de l’Afrique et que la nécessité de lutter pour leur inclusion appartienne enfin au passé

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Par la Prof. Nnenesi Kgabi, directrice en chef de la recherche et du soutien aux études de troisième cycle à la North-West University (NWU), en Afrique du Sud.

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