(Guinée Eco) – La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) franchit une étape décisive vers la modernisation et la rationalisation des réseaux de transport régionaux. À l’occasion d’un atelier technique organisé à Abidjan (Côte d’Ivoire), l’institution communautaire a réuni l’ensemble des parties prenantes clés ainsi que les partenaires techniques et financiers pour structurer la mise en place du futur Observatoire régional des transports pour l’Afrique de l’Ouest. Cet atelier a bénéficié de l’appui stratégique de TradeMark Africa (TMA), dans le cadre du programme d’aide Global Gateway financé par l’Union européenne.
Vers une gouvernance et des données harmonisées
La rencontre d’Abidjan s’est focalisée sur les aspects pratiques et institutionnels indispensables au fonctionnement pérenne de l’observatoire : le choix d’une structure de gouvernance adéquate, l’ancrage institutionnel, le modèle économique de financement durable et la mise en place d’un mécanisme de coordination régionale efficace.
L’objectif central de cet outil d’aide à la décision est d’améliorer substantiellement la collecte, l’analyse et la diffusion des données sur les infrastructures, la qualité des services et la performance globale des réseaux de transport en Afrique de l’Ouest.
Les participants ont notamment validé la note conceptuelle, le mandat ainsi que les modalités de gouvernance de la nouvelle structure. À terme, ce mécanisme régional harmonisé soutiendra les efforts conjoints de la CEDEAO et de l’UEMOA pour optimiser la fluidité des corridors, réduire les coûts de transit et encourager l’élaboration de politiques publiques basées sur des données factuelles et vérifiables.
Une mobilisation institutionnelle et financière d’envergure
Preuve de l’importance stratégique du projet, la réunion a rassemblé de nombreux acteurs régionaux et internationaux. Aux côtés des institutions et programmes partenaires que sontla Commission de la CEDEAO, l’Union européenne (UE), la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale et CILSS, il y avait des acteurs de terrain comme ALCO, WACTAF, Borderless Alliance, TradeMark Africa (TMA) et les observatoires de corridors existants.
Le mécanisme de coordination convenu vise à faire le lien entre les organismes nationaux, les observatoires régionaux et les initiatives des partenaires, afin d’offrir une base de données crédible et réactualisée aux transporteurs, commerçants, acteurs privés, universitaires et décideurs publics.
Un périmètre couvrant l’ensemble des États de la sous-région
Lors de la séance de clôture, M. Chris Appiah, Directeur des transports au sein de la Commission de la CEDEAO, s’est félicité de la qualité des contributions techniques. Il a rappelé que l’Observatoire constituera un outil indispensable pour piloter les progrès, identifier les goulets d’étranglement et promouvoir des solutions de transport durable.
M. Appiah a également souligné la volonté d’inclusivité de l’initiative : la Commission de la CEDEAO travaillera de concert avec la Commission de l’UEMOA ainsi qu’avec les représentants des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) afin de garantir un mécanisme pleinement harmonisé et couvrant l’ensemble de l’espace ouest-africain.
Après cette étape de validation stratégique, la suite du processus sera consacrée à la mobilisation des ressources financières, au déploiement des outils techniques et au renforcement des capacités opérationnelles des autorités des corridors et des administrative nationales.
Par Bachir Sylla pour Guinee-eco.com